đ Retrouvons-nous
J'organise une séance de dédicace pour mon livre de "Rome à la Silicon Valley". Venez nombreux !
Jâai le plaisir de vous annoncer lâorganisation, avec un collĂšgue et ami de la Banque de France, dâune sĂ©ance exceptionnelle de dĂ©dicaces autour de nos ouvrages respectifs.
đïž Je serai ainsi heureux de vous accueillir avec une coupe de champagne le vendredi 26 juin, de 16h Ă 20h, Ă la boutique NapolĂ©on, situĂ©e au 10 rue de Beaujolais, Ă cĂŽtĂ© du Palais-Royal, oĂč vous pourrez repartir avec un exemplaire signĂ© de mon livre De Rome Ă la Silicon Valley. Un Ă©vĂ©nement qui rĂ©sonne avec lâactualitĂ©, comme je lâexplique dans ma lettre aujourdâhui.
Comme vous pouvez lâobserver chaque jour, ma thĂšse autour de la constitution de nouveaux empires technologiques, incarnĂ©s par de grandes entreprises privĂ©es, semble se confirmer. Ces acteurs sont dĂ©sormais incontournables dans la gĂ©opolitique mondiale, au point de rivaliser avec des Ătats.
Ces derniĂšres semaines ont dâailleurs offert de nouveaux exemples de ce pouvoir grandissant sur la scĂšne financiĂšre et politique.
1ïžâŁ PremiĂšre illustration : le 12 juin, nous avons assistĂ© avec SpaceX Ă lâintroduction en Bourse la plus importante de lâhistoire, faisant dâElon Musk le premier homme Ă atteindre et dĂ©passer les 1 000 milliards de dollars de fortune.
Lâentrepreneur, Ă©galement Ă la tĂȘte de Tesla, possĂšde dĂ©sormais une fortune Ă©quivalente Ă environ 1/3 du PIB de la France. Plus frappant encore : selon mes estimations, seuls 10 Ă 13% des nations du monde ont un PIB qui dĂ©passe ce chiffre.
Ces deux statistiques nous imposent de rĂ©flĂ©chir aux consĂ©quences dâun tel changement de paradigme.
2ïžâŁ DeuxiĂšme illustration : le 17 juin, nous avons vu des dirigeants des nouvelles entreprises de lâIA assis Ă la table du G7 dâĂvian ; Dario Amodei Ă cĂŽtĂ© dâEmmanuel Macron, Sam Altman Ă cĂŽtĂ© de Donald Trump.
Ces nouveaux monarques đ€Žđ» sont dĂ©sormais bien plus audibles que les dirigeants politiques, de plus en plus dĂ©considĂ©rĂ©s. Certains diront mĂȘme plus puissants.
Mais lâactualitĂ© est aussi venue rappeler que les gouvernants avaient encore un mot Ă dire. Le 12 juin, trois jours Ă peine aprĂšs leur lancement, lâadministration Trump a ordonnĂ© la suspension de Fable 5 (la version grand public) et Mythos 5 (rĂ©servĂ©e Ă un nombre limitĂ© dâentreprises), les deux modĂšles les plus puissants dâAnthropic, pour tout ressortissant Ă©tranger, y compris les employĂ©s Ă©trangers de lâentreprise elle-mĂȘme. Motif invoquĂ© : une faille de sĂ©curitĂ© (âjailbreakâ).
Ne pouvant distinguer ses utilisateurs amĂ©ricains des autres, Anthropic a dĂ» dĂ©brancher son nouveau modĂšle pour lâensemble de sa clientĂšle mondiale. Lâentreprise est actuellement en discussion avec la Maison Blanche pour les rĂ©activer.
Mais lĂ encore, on peut se demander qui est rĂ©ellement Ă la manĆuvre. Car câest Andy Jassy, le patron dâAmazon, qui aurait alertĂ© le secrĂ©taire au TrĂ©sor amĂ©ricain Scott Bessent des risques de cybersĂ©curitĂ© posĂ©s par Fable 5, une information confirmĂ©e depuis par le Wall Street Journal et dâautres mĂ©dias.
Sans cette alerte impromptue venue du dirigeant dâun autre empire tech, rien ne se serait sans doute passĂ©, ce qui montre une fois de plus leur rĂŽle dĂ©cisif sur les Ă©volutions politiques.
Sâils peuvent encore Ă©dicter des lois đšââïž, les responsables politiques font face Ă des contraintes qui entravent fortement leurs actions. Les institutions, qui agissent lentement, ne parviennent plus Ă suivre le rythme effrĂ©nĂ© de lâinnovation technologique. Qui plus est, le monde politique manque des ressources nĂ©cessaires pour Ă©valuer des modĂšles complexes, lâempĂȘchant de lĂ©gifĂ©rer de maniĂšre adĂ©quate.
Les rĂ©gulateurs sont-ils rĂ©ellement en mesure de comprendre ce quâils rĂ©gulent ? Câest une Ă©pineuse question.
On peut mĂȘme considĂ©rer que Dario Amodei et Sam Altman sont dĂ©sormais les vrais rĂ©gulateurs de lâIA. Ce sont eux qui alertent des risques et proposent des recommandations politiques pour Ă©viter les Ă©cueils posĂ©s par lâĂ©mergence dâune technologie aussi disruptive.
Par exemple, Donald Trump semble souscrire Ă lâidĂ©e dâun fonds public, portĂ©e par Sam Altman dans un document đ de politique dâOpenAI publiĂ© en avril, permettant aux citoyens amĂ©ricains de bĂ©nĂ©ficier financiĂšrement des gains de lâIA.
âNous discutons de rendre quelque chose au public, et si nous le faisons, le public deviendra trĂšs richeâ, a dĂ©clarĂ© Donald Trump le 10 juin.
Dans un autre registre, le prĂ©sident libertarien argentin Javier Milei a rĂ©cemment publiĂ© une tribune dans le Financial Times pour proposer lâinstauration dâune personnalitĂ© juridique effective pour des entreprises entiĂšrement gĂ©rĂ©es par lâIA.
Lâhistorien Yuval Noah Harari lui a rĂ©pondu dans les colonnes du mĂȘme journal, en sâappuyant sur lâexemple de la Compagnie NĂ©erlandaise des Indes Orientales, pour expliquer le risque de voir Ă©merger des âĂtats-IAâ, de maniĂšre analogue aux anciens âĂtats-compagniesâ. DiffĂ©rence notable entre les deux : les premiers seraient gouvernĂ©s par des entreprises non humaines.
Tous ces exemples, sans cesse plus nombreux, montrent que mon livre arrive Ă point nommĂ©. Câest dâailleurs en percevant ce changement brutal, lâĂ©tĂ© dernier, que jâai voulu lâĂ©crire âïž et me lancer dans cette folle aventure.
Dans De Rome Ă la Silicon Valley, jâexplique comment ces empires tech ont pu se dĂ©velopper, et ce quâils changent dans notre maniĂšre dâinvestir, de voter, de nous comporter.
Dans les derniers chapitres, jâexplore aussi les thĂ©matiques du futur, en mâappuyant sur lâhistoire des empires : quel sera lâimpact de lâIA sur lâemploi ? Pourrait-elle gouverner Ă la place des humains ? Les empereurs de la tech vont-ils rĂ©ellement sâemparer du pouvoir politique (Sam Altman a par exemple songĂ© Ă devenir gouverneur de Californie, et mĂȘme prĂ©sident) ? Une IA super-intelligente va-t-elle Ă©merger ?
Ă la fin du livre, jâessaie de rĂ©pondre Ă ma problĂ©matique centrale : ces nouveaux empires finiront-ils comme leurs prĂ©dĂ©cesseurs antiques (apogĂ©e, dĂ©clin, dissolution) ou vont-ils, au contraire, durablement renforcer leur emprise ?
Le sujet prend une telle ampleur ces derniers jours que je songe déjà à un nouveau livre. Il y a tant à dire.
Mais avant cela, jâespĂšre vous voir Ă ma sĂ©ance de dĂ©dicaces. Ăa me ferait trĂšs plaisir de vous rencontrer en chair et en os. Si vous ne pouvez pas venir, vous pouvez toujours commander mon livre Ă partir de ce lien.
Merci de rĂ©pondre au sondage ci-dessous pour mâaider Ă anticiper le nombre de participants.
Et si cette lettre vous a plu, un like đ, une rĂ©action ou un partage aiderait beaucoup Lettres Ouvertes Ă gagner en visibilitĂ©. Un grand merci pour votre soutien.
Je vous souhaite un trÚs bel été,
Amaury


