đïž OpenAI veut Ă©riger un empire de l'IA
La start-up propose de nouveaux services, passe des accords géants pour dominer le secteur et ses revenus sont en forte croissance. Mais les défis ne manquent pas.
đđ» Bonsoir Ă tous,
Je suis trĂšs heureux de vous retrouver ce soir pour une nouvelle Ă©dition gratuite de Lettres Ouvertes consacrĂ©e Ă lâIA, et en particulier Ă OpenAI, la start-up Ă lâorgine de ChatGPT. Merci encore pour votre soutien, nous sommes toujours plus nombreux dans cette belle communautĂ© et les statistiques de lecture ne cessent de grimper đ.
Dans ce numĂ©ro đ°, je vous propose dâanalyser les Ă©volutions de la startup. Vous allez voir quâelle est trĂšs active Ă la fois sur les annonces de nouveaux produits mais aussi dans le domaine des partenariats avec de grands acteurs de la tech. Je vous explique aussi quels sont les risques que ces accords font Ă©merger et les moyens dont elle dispose pour augmenter ses revenus, ce qui est de nature Ă attĂ©nuer ces risques.
OpenAI : un mélange de Meta, TikTok et Apple !
Ces derniÚres semaines, OpenAI a beaucoup fait évoluer ChatGPT avec le lancement de nouvelles solutions à une cadence effrénée.
1ïžâŁ La premiĂšre annonce choc intervient le 30 septembre. Câest la date choisie par OpenAI pour lancer Sora 2, la nouvelle version de son gĂ©nĂ©rateur de vidĂ©o đ„, dont la premiĂšre mouture avait fait le buzz en fĂ©vrier 2024. LâaccĂšs se fait via une app sur lâApp Store, seulement aux Ătats-Unis et au Canada, pour les utilisateurs ayant reçu un code dâinvitation.
Lâapp ressemble Ă un flux de type TikTok, dans lequel les utilisateurs peuvent voir et crĂ©er des vidĂ©os gĂ©nĂ©rĂ©es par IA dâune durĂ©e maximale de 10 secondes.
Lâautre nouveautĂ© majeure est la fonctionnalitĂ© « camĂ©o » qui permet Ă lâutilisateur de sâinsĂ©rer lui-mĂȘme dans la vidĂ©o, en compagnie de ses amis, si les utilisateurs donnent leur consentement au prĂ©alable.
Dans le podcast đ§ Hard Fork du New York Times, consacrĂ© au monde de la tech, quâils co-animent, les journalistes Kevin Roose et Casey Newton expliquent quâil sâagit dâune opportunitĂ© pour OpenAI de rivaliser avec les acteurs de la big tech pour capter lâattention des internautes et les revenus publicitaires qui vont avec.
Pour Casey Newton, qui est Ă©galement lâauteur de la newsletter Platformer, la fonction « cameos » est trĂšs intĂ©ressante. Elle pourrait sĂ©duire les plus jeunes et les plus ĂągĂ©s. Selon lui, elle ouvre la voie aux TikToks et Instagrams du futur, qui pourraient renforcer « cette sorte dâĂ©tat semi-hypnotisĂ© » des utilisateurs de rĂ©seaux sociaux.
Pour autant, Sora 2 est Ă lâorigine de nombreuses polĂ©miques đ€. Beaucoup de vidĂ©os gĂ©nĂ©rĂ©es utilisent des personnages ou des Ă©lĂ©ments de franchise cĂ©lĂšbres sans autorisation, et des personnalitĂ©s dĂ©cĂ©dĂ©es comme Michael Jackson ou des figures publiques.
Par ailleurs, certains observateurs sâinquiĂštent de la prolifĂ©ration de contenus de mauvaise qualitĂ© sur la Toile đžïž. Le terme « AI slop » est mĂȘme apparu pour les qualifier. Dans lâargot, slop signifie boue, soupe Ă©paisse, gadoue. Par extension, il est question de « slopaganda », une propagande de slop. Dâautres voix sâĂ©lĂšvent pour dire que Sora pourrait ĂȘtre une usine Ă deepfakes faciles Ă concevoir.
Consciente de ces risques, OpenAI a mis en place un certain nombre de garde-fous. Par exemple, les vidĂ©os gĂ©nĂ©rĂ©es par Sora 2 intĂšgrent un marquage numĂ©rique visible (watermark) pour aider Ă identifier quâil sâagit dâun contenu gĂ©nĂ©rĂ© par IA.
Enfin, il y a des inquiĂ©tudes sur la gestion des donnĂ©es personnelles accumulĂ©es par OpenAI. Les prompts, les vidĂ©os gĂ©nĂ©rĂ©es et les contenus partagĂ©s pourraient ĂȘtre utilisĂ©s pour amĂ©liorer les algorithmes âïž de recommandation, sans contrĂŽle complet des utilisateurs.
Pour le moment, lâapp Sora nâobtient quâune note de 2.9 sur lâApp Store. AprĂšs lâengouement initial, les utilisateurs ne semblent pas convaincus par les vidĂ©os gĂ©nĂ©rĂ©es.
Cette volontĂ© de faire de ChatGPT le rĂ©seau social de lâIA est complĂ©tĂ©e par dâautres offres dont Pulse, une sorte de fil đ§”dâactualitĂ©s intelligent pour les utilisateurs Pro. Un rĂ©sumĂ© personnalisĂ© adaptĂ© aux besoins de chacun est gĂ©nĂ©rĂ© chaque matin sous la forme de cartes visuelles.
Pour fonctionner, lâutilisateur doit au prĂ©alable autoriser ChatGPT Ă accĂ©der Ă ses informations personnelles (calendrier-, e-mails, etc.) mais aussi renseigner ses prĂ©fĂ©rences pour que le service soit vraiment âpersonnalisĂ©â. Vous lâaurez compris, Pulse peut ĂȘtre un aspirateur de donnĂ©es, une mine dâor potentielle pour OpenAI.
Une autre offre lancĂ©e le 29 septembre montre la mutation de ChatGPT en plateforme, pour lâe-commerce đïž cette fois-ci.
BaptisĂ©e Instant Checkout, la fonctionnalitĂ© dĂ©veloppĂ©e avec Stripe permet aux utilisateurs amĂ©ricains de rĂ©aliser des achats sans quitter lâapplication (cf. Partie sur la monĂ©tisation de lâIA). Pour lâinstant, le service fonctionne auprĂšs de vendeurs Etsy et bientĂŽt Shopify. OpenAI vient aussi de passer un accord avec Walmart, le gĂ©ant amĂ©ricain de la grande distribution au chiffre dâaffaires le plus Ă©levĂ© au monde.
2ïžâŁ La deuxiĂšme annonce choc intervient le 6 octobre, lors du DevDay, lâĂ©vĂ©nement annuel de lâentreprise organisĂ© Ă Fort Mason. Cette fois, la start-up lance « App In ChatGPT ». Les utilisateurs peuvent dĂ©sormais accĂ©der Ă leurs applications prĂ©fĂ©rĂ©es en ouvrant ChatGPT. Je prĂ©cise que le service est disponible partout, sauf dans lâUE.
Les premiÚres apps partenaires intégrées dans ChatGPT sont Booking, Canva, Coursera, Expedia, Figma, Spotify et Zillow. Dans les prochains mois, des apps supplémentaires seront intégrées, comme Uber.
Et ce nâest pas tout. OpenAI permet Ă des dĂ©veloppeurs de lancer leur app directement dans ChatGPT. Ce service se nomme Apps SDK (Software Development Kit). Câest de cette maniĂšre que ChatGPT se transforme en plateforme tel un « App Store », dâoĂč lâanalogie avec Apple đ.
Avec un tel service, les dĂ©veloppeurs dâapp peuvent potentiellement toucher un public considĂ©rable. Lors du DevDay, Sam Altman a annoncĂ© que ChatGPT avait dĂ©passĂ© la barre des 800 millions dâutilisateurs mensuels.
3ïžâŁ La troisiĂšme annonce choc concerne AgentKit, une boĂźte Ă outils ou un couteau suisse visant Ă simplifier la crĂ©ation dâagents IA. Au lieu dâavoir Ă combiner plusieurs solutions, tout peut se faire directement dans lâĂ©cosystĂšme dâOpenAI.
De cette maniĂšre, les entreprises sont en mesure dâintĂ©grer rapidement des agents dans leurs produits. Exemples : une banque conçoit un conseiller virtuel certifiĂ© et une universitĂ© đ dĂ©ploie un assistant Ă©tudiant interne.
Et OpenAI ne sâarrĂȘte pas lĂ . En plus des nouvelles solutions, elle passe dâimportants accords stratĂ©giques, inĂ©dits par leur ampleur. Câest lâobjet de la deuxiĂšme partie.
> Pour aller plus loin :
La newsletter de Casey Newton : « OpenAIâs platform play »
Lâarticle du FT : « AI hype is drowning in slopaganda »
Lâarticle dâAxios : « Sora shows tech is still moving fast and breaking things »
OpenAI multiplie les partenariats géants
En lâespace dâun mois, OpenAI a passĂ© des accords stratĂ©giques đ€ avec Broadcom, Nvidia, Oracle et AMD, des entreprises majeures dans lâindustrie de lâIA.
Ces partenariats tendent vers le mĂȘme objectif đŻ : fournir Ă OpenAI les ressources de calculs (puces Ă©lectroniques et datacenters) nĂ©cessaires pour faire marcher les outils quâelle commercialise, dont ceux que je viens de citer. Au total, il est question de 26 gigawatts de capacitĂ©, lâĂ©quivalent de 20 centrales nuclĂ©aires ou de la consommation Ă©lectrique de New York City đł !
Selon le Financial Times, les engagements dâOpenAI en la matiĂšre se chiffrent dĂ©sormais Ă 1 000 milliards de dollars.
Toutefois, ces accords ne sont pas tous identiques. Ils diffĂšrent dans les montants mis en jeu, les Ă©chĂ©ances du contrat, les modalitĂ©s de financement complexes qui peuvent ĂȘtre en cash ou en actions.
Ces annonces de partenariat ont eu pour effet de littĂ©ralement faire dĂ©coller đ„ les cours des entreprises impliquĂ©es. En une sĂ©ance, Oracle a bondi de 36%, AMD de 25% et Broadcom de 9%. De son cĂŽtĂ©, NVIDIA sâapproche de la barre de 5 000 milliards de dollars de capitalisation boursiĂšre.
Ces accords ont suscitĂ© de nombreuses critiques dâanalystes financiers qui Ă©voquent un financement circulaire đ risquĂ©. Par exemple, Nvidia sâengage, dans le cadre de lâaccord passĂ© le 22 septembre, Ă financer OpenAI Ă hauteur de 100 milliards de dollars qui va, en retour, acheter les puces Ă©lectroniques de Nvidia. Nvidia a toutefois expliquĂ© que lâargent investi chez OpenAI ne serait pas utilisĂ© pour lâachat de ses puces.
Pour rire un peu, câest comme si je prenais un verre avec un ami et que je lui demandais quâil me prĂȘte de lâargent pour payer sa biĂšre. Vous voyez quâil y a un problĂšme.
Globalement, le financement circulaire dans lâIA signifie que lâargent et la technologie se dĂ©placent dans une sorte de boucle entre quelques entreprises clĂ©s đ. Ce systĂšme peut masquer la vraie demande, en gonflant les valorisations de ces acteurs, ce qui augmente le risque de bulle đ«§ financiĂšre, surtout si lâune des entreprises impliquĂ©es venait Ă rencontrer des difficultĂ©s.
Pourtant, le financement circulaire nâest pas mauvais en soi. Il peut aussi aider les entreprises Ă se dĂ©velopper.
Au Japon đŻđ”, le keiretsu, qui signifie « systĂšme connecté », est un groupe dâentreprises entretenant de forts liens financiers, Ă travers des participations croisĂ©es. Ce mĂ©canisme a fortement aidĂ© au dĂ©veloppement Ă la reconstruction Ă©conomique du pays aprĂšs la Seconde Guerre mondiale.
Par ailleurs, il faut relativiser les montants mis en jeu dans le cadre de cette large alliance de lâIA. Il sâagit surtout dâune projection dâinvestissement sur plusieurs annĂ©es. Aussi, le vrai risque â ïž selon moi rĂ©side dans lâĂ©mission de dettes plus que de la rĂ©utilisation de cash ou de fonds propres pour financer ces accords. ProblĂšme : cela pourrait ĂȘtre le cas pour Oracle.
Autre Ă©lĂ©ment Ă noter : Nvidia, au contraire dâautres acteurs de la Big Tech, nâest pas Ă lâorigine des larges dĂ©penses dâinfrastructure đą pour construire les datacenters de lâIA (ses CAPEX nâexplosent pas). Dâune certaine maniĂšre, il est plutĂŽt naturel quâelle investisse son cash dans des entreprises Ă fort potentiel. Câest mieux que de le laisser dormir.
Enfin, lors du Sifted Summit, un Ă©vĂ©nement tech organisĂ© Ă Londres, Eric Schmidt, lâex-boss de Google, a mĂȘme dĂ©fendu lâidĂ©e de « bonne bulle » quâil dĂ©crit de la maniĂšre suivante :
« Leur fonction est de rĂ©orienter des masses de capitaux vers les technologies et infrastructures de pointe, ce qui est positif pour le monde đ. Je pense que lâIA est sous-estimĂ©e et non surestimĂ©e ».
Tous ces deals, financements immenses et nouveaux revenus propulsent đ dĂ©sormais la valorisation dâOpenAI Ă 500 milliards de dollars. Pour donner une idĂ©e plus parlante : si elle venait Ă ĂȘtre cotĂ©e en bourse demain, elle serait dans le top 20 des plus grandes entreprises devant Netflix !
Lâan dernier quand jâai Ă©crit ma lettre sur OpenAI, la startup valait 150 milliards, trois fois moins quâaujourdâhui. Les paris đČ sont ouverts pour lâan prochain.
Toutefois, cette valorisation repose sur une trajectoire de croissance de revenus trĂšs forte qui semble difficilement soutenable comme je vais lâexpliquer dans la derniĂšre partie.
> Pour en savoir plus :
Lâarticle du FT : « Sam Altman has a new project: building AI inc »
Lâarticle de The Economist : « ClosedAI »
Le podcast avec Eric Schmidt : « The AI bubble is a good thing »
Lâarticle de la Harvard Business Review : « Is AI a Boom or a Bubble? »
OpenAI : le dĂ©fi de la monĂ©tisation de lâIA
Comme je lâai dĂ©jĂ expliquĂ© dans lâĂ©dition de lâan dernier, OpenAI est toujours loin dâĂȘtre rentable. Ses coĂ»ts dĂ©passent encore largement ses revenus. Câest dâailleurs la raison des deals expliquĂ©s plus haut. Elle a besoin de lever du capital pour financer son expansion.
Le blogueur tech Ed Zitron est dâailleurs lâun des plus critiques sur le business de lâIA et sur la start-up en particulier. Pour lui, elle nâest tout simplement pas viable et pourrait faire faillite đ. Je lâai mĂȘme vu comparer OpenAI Ă Lehman Brothers.
Dans sa newsletter « OpenAI Is a Bad Business » Ă©crite fin 2024, il affirme que OpenAI perd massivement de lâargent. Aussi, il ne pense pas que les utilisateurs paieront des abonnements payants pendant longtemps. Il ajoute que les marges dâun tel business resteront faibles. En rĂ©sumĂ©, le modĂšle dâOpenAI serait dĂ©ficient đ«.
Si certains arguments peuvent sembler justes, dâautres le sont moins ou pas du tout. Cette annĂ©e, OpenAI va effectivement perdre de lâargent, mais aussi en gagner beaucoup.
MĂȘme Ed Zitron reconnaissait dans sa lettre de lâan dernier que plusieurs conditions ou Ă©vĂ©nements pourraient invalider ou attĂ©nuer son analyse. Il citait notamment de nouvelles sources de revenus đž et un financement continu extraordinaire lui permettant de faire face aux coĂ»ts de son activitĂ©.
Or, ces deux conditions semblent aujourdâhui remplies â . Mais Ed Zitron considĂšre quâelles ne le sont toujours pas. Dans un style outrancier dont il a le secret et qui lui a permis dâobtenir une certaine cĂ©lĂ©britĂ© (le FT lui a mĂȘme consacrĂ© un article), il a Ă©crit ceci dans sa derniĂšre newsletter polĂ©mique « OpenAI Is Just Another Boring, Desperate AI Startup » (si vous voulez tout lire, comptez 40 minutes, il a pour particularitĂ© dâĂ©crire des newsletters trĂšs longues) :
« OpenAI vit et meurt sur la base de rĂ©putation de centre dâinnovation dans le monde de lâIA, mais la rĂ©alitĂ© est bien plus mĂ©diocre. La croissance de son chiffre dâaffaires ralentit, ses produits sont banalisĂ©s, ses modĂšles sont loin dâĂȘtre Ă la pointe de la technologie, le secteur de lâIA gĂ©nĂ©rative a perdu de son prestige et son application phare est un mythe qui nâa convaincu quâune poignĂ©e de personnes trĂšs riches et trĂšs peu dâautres ».
Sâil est sans doute utile de le lire pour analyser les tendances actuelles du marchĂ©, ces arguments nâen restent pas moins simplificateurs ou faux, notamment sur le sujet des revenus. Le chiffre dâaffaires dâOpenAI ne stagne pas, il est en trĂšs forte croissance đ et ce ne pourrait ĂȘtre que le dĂ©but.
Lâentreprise pourrait franchir le cap des 13 milliards de dollars de revenus en 2025, ce qui est considĂ©rable pour une start-up rĂ©cente. Pour vos donner une idĂ©e, ce nâest pas trĂšs loin du chiffre dâaffaires de HermĂšs lâan passĂ©, qui est au coude Ă coude avec LVMH pour ĂȘtre la plus grande entreprise du CAC 40.
OpenAI prĂ©voit mĂȘme dâatteindre 200 milliards de chiffre dâaffaires en 2030, ce qui la placerait dans le classement des 100 entreprises qui gĂ©nĂšrent le plus de revenus dans le monde ! Pour certains analystes financiers, câest un scĂ©nario envisageable : tout ce qui touche Ă lâIA ajoute un zĂ©ro au chiffre pris en rĂ©fĂ©rence.
Il faut dire quâOpenAI dispose de moyens pour accroĂźtre ses revenus. Un nouvel axe de monĂ©tisation de lâIA pourrait ĂȘtre lâe-commerce. Comme je lâai indiquĂ© dans la premiĂšre partie, OpenAI a commencĂ© Ă introduire une fonctionnalitĂ© de paiement đł pour rĂ©aliser ses achats sans sortir de ChatGPT.
Si cette option reste disponible Ă tous les abonnĂ©s, OpenAI pourrait capter un marchĂ© de 800 millions de personnes et toucher une commission dĂšs quâun achat sera effectuĂ©. Ce serait un moyen dâobtenir des revenus des abonnĂ©s gratuits qui forment lâĂ©crasante majoritĂ© des utilisateurs de ChatGPT !
Cette offre pourrait mĂȘme ĂȘtre un game changer, en faisant de ChatGPT une interface đ„ïž universelle pour les transactions numĂ©riques. Et ça pourrait aller plus loin. Il est dĂ©sormais question de e-commerce agentique, ou agentic commerce. Le chatbot est en train dâĂ©voluer vers un assistant Ă©conomique intelligent.
De cette maniĂšre, ChatGPT pourrait rechercher des produits ou services adaptĂ©s Ă un utilisateur, comparer les options (prix, avis, dĂ©lais), et effectuer un achat automatiquement, avec un budget préétabli. Lâacheteur nâaurait plus quâĂ cliquer đ±ïž sur un bouton pour valider la transaction.
Il y a dâautres leviers de revenus potentiels pour OpenAI. Comme Meta ou TikTok, lâentreprise pourrait intĂ©grer de la publicitĂ© sur ChatGPT. Dâailleurs, lâentreprise serait Ă la recherche dâun spĂ©cialiste du sujet. LĂ encore, elle nâaurait pas besoin de convertir des abonnĂ©s gratuits en abonnĂ©s payants pour propulser son CA.
Par ailleurs, OpenAI veut aussi dĂ©velopper un outil đČïž conçu pour lâĂšre de lâIA, sans Ă©cran, mais avec des micros et camĂ©ras. Pour ce faire, elle a nouĂ© un partenariat avec Jony Ive, lâex-designer star dâApple Ă lâorigine de lâiPhone.
NĂ©anmoins, le projet prend du retard en raison de dĂ©fis techniques Ă relever, de problĂšmes de confidentialitĂ© et de capacitĂ© de calcul pour faire fonctionner cet appareil dâun nouveau genre en temps rĂ©el.
> Pour en savoir plus :
Lâarticle de Fortune : « Donât fear the AI bubble »
Lâarticle de Sherwood : « OpenAI scrambles to find new revenues in its 5-year plan »
đââïž Je finis ma lettre avec une anecdote : au cours de mes recherches pour Ă©crire ce dĂ©cryptage, jâai dĂ©couvert que Karen Hao, une journaliste du New York Times, avait Ă©crit un livre intitulĂ© The Empire of AI oĂč elle explique comment OpenAI rĂ©plique les techniques impĂ©riales âïž pour se dĂ©velopper (câest donc trĂšs critique). Cela mâa bien intriguĂ© puisque, comme vous le savez, je viens dâĂ©crire un livre sur les empires technologiques (et pas seulement sur OpenAI), sans en avoir connaissance.
NâhĂ©sitez pas Ă commenter, partager et liker đ cette Ă©dition si vous avez aimĂ©. Câest trĂšs important pour la visibilitĂ© de Lettres Ouvertes. Je suis aussi curieux dâavoir votre point de vue et dâen discuter, ce sera plus interactif et vivant. Merci par avance.
đ Vous pouvez Ă©galement suivre Lettres Ouvertes sur Insta, X, LinkedIn et Threads.
Ă trĂšs vite,
Amaury







Tres intéressant.
Ca me fait toujours sourire, quand on qualifie OpenAI de start-up.... :-)