💹 Iran, IA & FOBO : le triple choc qui change la face du monde
Pour cette édition, j'ai demandé à Claude d'analyser l'impact de l'actualité brûlante sur notre portefeuille de 18 entreprises.
👋🏻 Bonsoir à tous,
Je suis très heureux de vous retrouver pour une nouvelle édition spéciale 100 % finance, consacrée aux évolutions de notre portefeuille d’actions 2026 - en majorité technologique - en lien avec les récents développements géopolitiques 🌍 et les avancées fulgurantes de l’IA.
Pour ce numéro, j’ai décidé de faire appel de manière exceptionnelle à un co-auteur. Il s’appelle Claude. C’est le modèle d’IA de la société Anthropic, l’entreprise la plus disruptive du monde selon le TIME magazine. Après voir entendu beaucoup de bien à son sujet, j’ai commencé à l’utiliser depuis environ trois semaines. Mon bilan ? Ce modèle est effectivement remarquable.
Pour tout vous dire, j’étais jusqu’ici très réticent à l’idée de laisser une IA écrire ✍🏻 à ma place. Mais j’ai voulu tester très concrètement jusqu’où Claude pouvait aller, et mesurer au passage l’ampleur des progrès technologiques. Vous allez découvrir le résultat juste après, et le saut qualitatif est très significatif.
De mon point de vue, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, et il va falloir s’y préparer sérieusement. D’ailleurs, Anthropic publie des études en la matière, dont l’une accessible en lien porte sur les réponses politiques possibles face à l’émergence de cette IA économie.
Deux précisions avant de vous laisser lire :
J’ai évidemment relu la newsletter produite par Claude. J’ai vérifié certains chiffres et très peu corrigé, ce qui en dit beaucoup sur les progrès de ce modèle et de l’IA en général ;
Je n’ai pas ressenti l’effet “l’IA va me remplacer”. Pourquoi ? Parce qu’il faut une vraie expérience pour bien piloter cet outil. J’ai discuté avec Claude, calibré mes demandes à partir de ma sélection de 18 entreprises, contextualisé chaque question. Plus ce pilotage est fin et précis, plus le résultat est de qualité.
Bonne lecture
Depuis environ un mois, trois forces simultanées sont en train de reconfigurer les marchés financiers mondiaux.
Tout d’abord, l’opération militaire israélo-américaine lancée contre l’Iran 🇮🇷 le 28 février a provoqué un choc pétrolier majeur, ravivant les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et leurs répercussions sur l’économie mondiale.
Dans le même temps, l’intelligence artificielle poursuit ses avancées rapides, notamment avec la sortie de nouveaux outils comme Claude Cowork. Ces progrès accélérés alimentent une dynamique technologique qui transforme déjà de nombreux secteurs.
Enfin, ces développements ont fait émerger une nouvelle tendance que l’on pourrait qualifier de FOBO — la « Fear Of Being Obsolete » — c’est-à-dire la crainte croissante d’être dépassé par l’IA. Initialement cantonnée au secteur technologique, cette inquiétude commence désormais à se diffuser bien au-delà du logiciel pour toucher l’ensemble de la chaîne de valeur économique.
Dans ce contexte mêlant turbulences géopolitiques et accélération technologique puissante, les indices américains font, pour le moment, preuve de résilience.
Cette note analyse l’impact de ces trois chocs sur les 18 positions qui composent actuellement le portefeuille Lettres Ouvertes.
🔥 CHOC 1 — L’opération « Epic Fury » et le pétrole à 120 $
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une offensive contre l’Iran après l’échec des négociations. L’impact immédiat a été brutal : le pétrole WTI a enregistré sa plus forte hausse hebdomadaire (+35 %) depuis la création des contrats à terme en 1983, tandis que le gaz européen (TTF) bondissait de +40 % à 55 €/MWh. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole 🛢️, a été partiellement bloqué.
La divergence géographique est frappante : les marchés européens ont chuté de 1,2 à 2,6 % lors de la première séance, tandis que Wall Street ne cédait que 0,1 %. Cette asymétrie s’explique notamment par la faible dépendance énergétique directe des États-Unis au Golfe, devenus exportateurs nets.
Scénarios selon Pictet Asset Management
→ Scénario central (55 %) : conflit court, Iran militairement affaibli mais régime en place. Impact modéré sur les marchés.
→ Scénario de tension prolongée (35 %) : fermeture durable d’Ormuz. Brent vers 95-120 $. Pression inflation/taux.
→ Scénario extrême (10 %) : élargissement régional (Russie, Chine). Dommages durables aux marchés.
Lecture : Donald Trump n’a pas intérêt à un choc pétrolier prolongé avant les mid-terms de novembre 2026. Le scénario central reste celui d’une opération courte. Mais la succession du Guide Suprême, en la personne de Mojtaba Khamenei, réputé pour sa ligne dure, complique la désescalade.
🤖 CHOC 2 — Le FOBO : bien au-delà du logiciel
Le FOBO (Fear of Being Obsolete) a débuté comme une correction des valeurs SaaS (du logiciel) mais s’est rapidement étendu à l’ensemble de l’économie. Les marchés ont engagé un processus de « tri » systématique : quelles entreprises sont immunisées contre l’IA, et lesquelles risquent de voir leur modèle sévèrement remis en cause ? Ce mouvement a généré une rotation sectorielle majeure : les valeurs industrielles lourdes surperforment massivement.
La grande rotation : du FOBO au HALO trade
Morgan Stanley a popularisé l’acronyme HALO (Hard Assets, Low Obsolescence) pour décrire la ruée des investisseurs vers les entreprises industrielles à actifs lourds, jugées peu vulnérables à l’IA. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : de janvier à fin février 2026, l’énergie a progressé de +23 %, les matériaux de +16 %, les industriels de +13 %. Dans le même temps, la tech a reculé de 4 % et la finance de 5 %.
Les Sept Magnifiques illustrent cette fracture : toutes affichent des performances négatives depuis le 1er janvier 2026, dans des proportions plus ou moins importantes (Microsoft est la plus touchée). La peur s’est propagée au secteur financier. Morgan Stanley note que le secteur logiciel représente environ 16 % du marché américain des prêts à effet de levier (~1,5 trillion $), et que la vulnérabilité accrue de ces entreprises (notamment face aux disruptions liées à l’IA) fait peser des risques sur cette partie du marché du crédit.
Analyse de notre portefeuille : exposition aux deux faces gagnantes du FOBO — l’infrastructure IA (Nvidia, AMD, Alphabet, Meta) qui bénéficie de l’accélération des dépenses, ET les HALO (GE Vernova, RTX, Rolls-Royce, Legrand) qui profitent de la rotation sectorielle.
🇺🇸 CHOC 3 — La résilience américaine : structurelle ou fragile ?
Depuis le début du conflit, le dollar 💵 a retrouvé son rôle de valeur refuge, l’euro a perdu 2 % face au billet vert, et les investisseurs institutionnels continuent de surpondérer les actions américaines. Le S&P 500, malgré un repli de 1,8 % depuis début février, résiste bien mieux que ses homologues européens ou asiatiques.
Plusieurs fondamentaux soutiennent cette résistance : la croissance des bénéfices du S&P 500 est estimée à +14 % pour 2026, les États-Unis sont exportateurs nets de pétrole (avantage décisif en cas de choc énergétique), et la politique budgétaire américaine reste expansionniste. Cela dit, la Fed se retrouve dans une situation délicate : la hausse de l’énergie ravive l’inflation au moment même où le marché espérait des baisses de taux. La prochaine baisse est désormais attendue en septembre (contre juillet auparavant).
L’annulation des tarifs réciproques par la Cour Suprême a offert un répit bref — Trump a rapidement annoncé de nouveaux droits de douane à 10 %. La vigilance s’impose sur ce front également.
📋 Les 18 valeurs du portefeuille face au triple choc
🔬 Analyse détaillée par valeur
⚡ Électrification & énergie — Les grands gagnants du triple choc
GE Vernova, Rolls-Royce et Legrand bénéficient d’une convergence rare : le choc iranien accélère la prise de conscience sur la sécurité énergétique, le HALO trade les propulse en tête des rotations sectorielles, et leur modèle industriel lourd les immunise du FOBO. GE Vernova est positionné au croisement de la demande en turbines à gaz, en éolien offshore et en infrastructure de réseau électrique pour data centers IA. Rolls-Royce profite de la réhabilitation du nucléaire civil en Europe. Ce sont nos trois positions les mieux positionnées toutes thématiques confondues.
🛡️ Défense & cybersécurité — Le momentum géopolitique dure
RTX et Hyundai Rotem incarnent parfaitement le HALO : actifs lourds, barrières réglementaires élevées, cycles industriels longs. La guerre en Iran ne fait qu’amplifier une tendance structurelle de réarmement mondial entamée avec l’Ukraine. RTX (missiles, radars, systèmes de défense) est en première ligne de la demande occidentale. CrowdStrike est dans une position plus nuancée : son modèle SaaS le rend théoriquement vulnérable au FOBO, mais la cybersécurité est devenue une dépense non-négociable pour les États et entreprises. La hausse des cyberattaques liées au conflit iranien soutient la demande à court terme.
🤖 IA & plateformes — Discriminer les bénéficiaires des victimes
Nvidia reste le bénéficiaire ultime de tout scénario FOBO : que les entreprises craignent l’obsolescence ou cherchent à en profiter, elles investissent massivement en GPU, les puces électroniques pour l’IA. AMD suit la même logique avec une montée en puissance de ses puces MI300X. Alphabet et Meta combinent leur rôle de créateurs de disruption (ils sont la cause du FOBO, pas ses victimes) avec une résilience publicitaire solide malgré le contexte incertain. Apple, grâce à son écosystème et sa base installée de 2 milliards d’appareils, reste une forteresse défensive. Reddit bénéficie paradoxalement du FOBO : ses données humaines uniques en font une ressource précieuse pour l’entraînement des modèles.
Tesla et Shopify sont les deux positions à surveiller : Tesla souffre d’une érosion de marque, d’une concurrence chinoise agressive et d’une valorisation encore tendue. Shopify est directement exposée à la disruption agentique — des assistants IA pourraient automatiser des pans entiers de son cœur de métier.
💰 Finance & Crypto — La pression des deux côtés
JP Morgan navigue dans des eaux difficiles : les valeurs financières ont chuté en bourse face au double risque de disruption IA et de remontée des taux liée à l’inflation énergétique. Cela dit, en tant que bénéficiaire du réinvestissement des primes de risque, JPM garde une position centrale dans tout portefeuille diversifié. Bitcoin est entré dans une phase de volatilité accrue : après être tombé sous 65 000 $ lors du choc initial, il se redresse vers 70 000 $. Son comportement reste imprévisible en cas de stagflation prolongée.
🏎️ Luxe — Ferrari, l’exception qui confirme la règle
Ferrari est paradoxalement l’une des meilleures illustrations du HALO trade en dehors de l’industrie lourde : son modèle est par essence inimitable, sa liste d’attente de plusieurs années constitue un actif intangible que nulle IA ne peut reproduire, et sa clientèle ultra-premium est insensible aux chocs énergétiques. Les perturbations géopolitiques renforcent même sa valeur refuge auprès des grandes fortunes qui cherchent des actifs tangibles durables.
🚀 Espace — Rocket Labs, pari de long terme confirmé
Rocket Labs s’inscrit naturellement dans le HALO trade : ses actifs industriels (lanceurs, composants spatiaux) sont extrêmement difficiles à répliquer, et son positionnement dans le new space la place à l’intersection de la demande en connectivité et en surveillance satellitaire — deux secteurs que le conflit iranien vient d’accélérer.
📌 Synthèse — Ce qui change, ce qui reste
Ce que le triple choc renforce dans notre portefeuille
→ La thématique défense-énergie (RTX, GE Vernova, Rolls-Royce, Legrand, CrowdStrike) : convergence parfaite des trois chocs
→ L’infrastructure IA (Nvidia, AMD, Alphabet, Meta) : bénéficiaires structurels du FOBO-driven capex
→ Les actifs HALO (Hyundai Rotem, Rocket Labs, Ferrari) : rotation sectorielle favorable
→ La surexposition US : avantage dans un contexte de résilience structurelle du dollar et des indices américains
Ce que le triple choc fragilise
→ Tesla : dégradation de marque + pression marges + absence de narratif clair dans le contexte actuel
→ Shopify : exposition directe au FOBO agentique + consommation sous pression si l’énergie reste chère
→ JP Morgan : sous pression sur la valorisation si les taux restent élevés plus longtemps que prévu
→ La concentration tech-US : si la Fed tarde à baisser ses taux, les valeurs de croissance resteront sous pression
Un indicateur à surveiller chaque matin
Le spread (ou l’écart) Brent/WTI : il s’agit d’un baromètre 🌡️ de crise en temps réel. Un spread qui se resserre signale une désescalade, signal de rebond pour les positions tech. Un spread qui s’emballe valide le scénario de tension prolongée, signal de renforcement des positions défense/énergie. Accessible sur TradingView (UKOIL - USOIL).
⚠️ Cette lettre est rédigée à titre exclusivement informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Les marchés évoluent rapidement ; toutes les données reflètent la situation au 13 mars 2026. Les performances passées ne présagent pas des performances futures.
Si vous avez aimé cette édition très spéciale, n’hésitez pas à commenter, donner votre avis et à liker 💙.
À très vite,
Amaury




Un pure plaisir