🎅🏻 IA, Crypto, Tech : les 10 événements qui ont marqué 2025
En cette veille de Noël, je vous propose ma rétrospective de l'année. Avec l'essor de l'IA, nous avons franchi un nouveau cap en 2025.
À tou(te)s mes abonné(e)s,
Je suis heureux de vous retrouver pour ma traditionnelle lettre de fin d’année.
2025 restera l’année où l’IA s’est imposée dans nos vies de tous les jours. Au cours des douze derniers mois, elle a transformé la culture, la création, le travail, influencé le discours politique, bouleversé les rapports économiques, et propulsé les marchés boursiers vers de nouveaux sommets.
J’en ai moi-même fait l’expérience. J’utilise désormais les outils d’IA au quotidien. Je constate un gain de productivité réel, à mon humble niveau. Je vais plus vite. Je produis plus, que ce soit dans mon travail et en dehors.
Si je ressens cela, je me dis que je ne dois pas être le seul, et certaines études semblent confirmer mon sentiment. Selon OpenAI, l’IA permettrait de gagner jusqu’à 10 heures par semaine pour les utilisateurs les plus intensifs.
Cette année, je ne me suis pas limité à ChatGPT. J’ai commencé à me servir de NotebookLM pour analyser des documents longs, dont mon propre livre, Perplexity en tant que moteur de recherche personnalisé, et NanoBanana pour des usages créatifs et visuels.
Cet outil m’a permis de changer ma photo de profil LinkedIn, en m’inspirant de l’esthétique des portraits de célébrités signés par Annie Leibovitz et de Peter Lindbergh pour Vogue, comme ce cliché avec Naomi Campbell et Cindy Crawford. Merci Yassine Chabli pour le prompt.
J’ai aussi cherché à me former. Nos métiers vont changer. Certains vont disparaître. D’autres vont voir le jour.
Afin de mieux comprendre ces évolutions, je me suis inscrit en juin à un programme du MIT sur les technologies émergentes critiques, obtenant mon premier certificat d’une université américaine.
Sur d’autres fronts, les progrès technologiques ont été importants : robotique humanoïde, véhicules autonomes, mais aussi dans l’informatique quantique et la tokenisation de la finance.
Autre fait marquant de l’année : la rivalité technologique entre les États-Unis et la Chine s’est encore accentuée. Le lancement de DeepSeek, un modèle d’IA développé par une start-up chinoise a secoué les marchés boursiers américains et occidentaux pendant quelques jours en début d’année.
Tous ces changements technologiques ouvrent des promesses inédites, mais posent aussi de sérieux défis pour l’avenir, en particulier sur les emplois salariés, à la fois des cols bleus et des cols blancs.
D’autres menaces sont à prendre en compte : la désinformation, les cyberattaques ou la dépendance affective aux chatbots qui peut aller jusqu’à des cas sordides de meurtres et de suicides. Le cas très médiatisé de Stein-Erik Soelberg est glaçant.
On parle même de l’émergence d’une “friend economy”, où des compagnons d’IA sont conçus pour offrir soutien émotionnel, conversation et parfois relations romantiques, à l’image des chatbots proposés par Character AI ou des expériences plus explicites développées par xAI, comme l’anime Ani.
Ce que l’on commence à entrevoir est la capacité de l’IA à créer des richesses dans des proportions inédites, mais à les concentrer dans les mains d’une poignée de milliardaires toujours plus opulents.
Dans cette lettre, vous verrez que l’on semble se diriger vers une double économie : une IA économie en train de créer des richesses à un rythme sans précédent et l’économie de tout le reste qui tente de se moderniser.
Il devient aussi évident qu’il y aura des gagnants et des perdants dans le marché de l’IA, comme lors de la bulle Internet. En cette fin d’année, des valeurs technologiques souffrent comme Oracle, Broadcom et CoreWave.
Enfin, pour en revenir à notre communauté, Lettres Ouvertes a connu sa meilleure année en 2025 : plus de 800 personnes ont décidé de s’inscrire.
J’ai également lancé une version premium pour celles et ceux qui souhaiteraient aller plus loin. Pour l’instant, le succès n’est pas encore au rendez-vous. Je comprends qu’il ne soit pas évident de basculer vers un format payant. J’en suis le meilleur exemple.
Pour la première fois cette année, j’ai souscrit à un abonnement payant afin de suivre l’excellente newsletter de Philippe Corbé sur les histoires qui font parler l’Amérique.
Après cette introduction, je vous invite maintenant à découvrir ma sélection des 10 événements qui ont marqué 2025. Les rubriques peuvent se lire dans l’ordre que vous préférez. Cette année, j’ai fait le choix d’une newsletter plus longue que d’habitude, afin de prendre le temps d’analyser les sujets de manière approfondie.
Au programme de cette édition :
Après la pop culture, la slop culture
Tesla : touchée mais pas coulée !
Nvidia explose tous les compteurs
OpenAI poursuit sa métamorphose
Le double visage de la crypto
Le dîner de la tech à la Maison Blanche
Vers un IA socialisme américain ?
Le graphique le plus effrayant du monde
La vidéo la plus WTF de 2025
Bulle de l’IA, vraiment ?
1. Après la pop culture, la slop culture ?
Un mot d’argot a fait couler beaucoup d’encre cette année : slop. À l’origine, il signifie “bouillie”. Aujourd’hui, on parle d’”IA slop” ou de “work slop” pour qualifier les productions bâclées et l’appauvrissement du travail induit par l’IA.
Et cette tendance s’est imposée en 2025, en particulier après le lancement, fin septembre, de Sora 2, la deuxième version du générateur de vidéo d’OpenAI, avec la prolifération de clips courts déconcertants. Même le président américain s’y est mis.
Dans une vidéo générée par IA relayée sur Truth Social, Donald Trump apparaît en pilote de F-16. Au-dessus de Manhattan, il largue des excréments sur les manifestants du mouvement No Kings, avec l’inscription “KING TRUMP” visible sur la coque de l’appareil.
Au-delà de cet exemple, les vidéos générées par l’IA pourraient devenir une véritable usine à fake news, capable de diffuser de la désinformation à grande échelle. D’ailleurs, des contenus crées avec Sora 2 ont déjà été exploités par des comptes pro-russes pour diffuser de fausses vidéos de soldats ukrainiens sur le front en train de supplier ou de se rendre à l’ennemi.
À ce titre, j’ai été frappé par une récente déclaration de David Sachs, le « tsar » (ou conseiller principal) de la crypto et de l’IA de Donald Trump. L’intéressé s’inquiète du risque de désordre social et politique que pourrait engendrer l’IA :
« Ce dont on parle vraiment, c’est d’une IA orwellienne. On parle d’une IA qui ment, qui déforme les réponses, qui réécrit l’histoire en temps réel pour servir les intérêts politiques du pouvoir en place ».
Un article publié dans The Atlantic va encore plus loin : son auteur décrit ChatGPT comme une sorte de « machine du chaos », soulignant que nous avons adopté cet outil sans vraiment réfléchir à la manière dont il transforme nos façons de penser, de travailler, de créer ou même de percevoir le monde.
Ce phénomène n’est pas nouveau : les smartphones et les réseaux sociaux ont eux aussi bouleversé nos habitudes bien avant que nous en mesurions les conséquences. Mais l’IA pourrait se révéler encore plus déstabilisante, en particulier sur l’attention, la création, l’emploi, l’éducation et la santé mentale.
> Pour en savoir plus : le podcast de TechCrunch avec Karen Hao qui a écrit le livre “Empire of AI”
2. Tesla : touchée mais pas coulée !
En début d’année, j’ai vraiment cru que l’avenir de Tesla était menacé. Les polémiques autour de son patron, Elon Musk, ne cessaient de prendre de l’ampleur. J’en avais d’ailleurs parlé dans ma lettre de février.
Ses prises de position publiques sulfureuses ont contribué à éroder la confiance de certains consommateurs. Conséquence directe : les chiffres de ventes ont enregistré un net recul, en Europe notamment.
Pourtant, depuis quelques mois, Tesla reprend sa marche en avant.
Après avoir quitté l’administration américaine avec fracas, s’être livré à un clash avec Donald Trump sur les réseaux et avoir lancé son éphémère parti politique, Elon Musk a décidé de se concentrer sur son domaine de prédilection : l’innovation technologique.
Cet été, ses premiers robotaxis ont commencé à circuler à Austin et à San Francisco avec un “safety-monitor” assis sur le siège passager pour s’assurer que tout fonctionne bien. Les tests sans supervision humaine viennent de commencer, marquant une étape importante vers la conduite 100% autonome.
Par ailleurs, Tesla a publié en septembre son quatrième master plan, sa nouvelle feuille de route, basé sur le concept flou de « l’abondance soutenable ». L’idée est de transformer Tesla en un véritable géant technologique.
En parallèle, les actionnaires de Tesla ont voté, le 6 novembre, pour renforcer le pouvoir d’Elon Musk à la tête de l’entreprise avec un package de rémunération colossal qui pourrait atteindre 1 000 milliards de dollars, conditionné à des objectifs financiers et boursiers extrêmement ambitieux.
Pour célébrer la décision, Elon Musk est monté sur scène, surexcité, devant ses employés à la Gigafactory Texas où il a enchainé les déclarations bizarres, comme celle-ci :
« Avec l’IA et la robotique, vous pouvez augmenter l’économie mondiale d’un facteur 10, ou peut-être 100. Il n’y a pas vraiment de limite évidente ».
Après sa bisbille avec Trump, Elon Musk semble même de retour en grâce auprès du président américain. Il a été aperçu à la Maison Blanche lors de la réception du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane il y a un mois, avec des chaussures qui ont fait le buzz. Il s’agit de Kizik avec le logo SpaceX inscrit dessus.

Autre bonne nouvelle pour le milliardaire : les ventes de Tesla ont bondi de près de 10% en Chine en novembre 2025, renforçant sa position sur son plus gros marché.
Résultat : le cours de l’action, qui après avoir fortement décroché en début d’année, a rebondi ces derniers mois, au point d’atteindre un plus haut historique.
L’exemple de Tesla et d’Elon Musk, qui terminera l’année encore plus riche qu’il ne l’a commencée, illustre une leçon que je développe dans mon livre : ces géants de la tech et leurs dirigeants font preuve d’une résilience exceptionnelle.
Même après des chutes vertigineuses en Bourse, des scandales ou des crises médiatiques, ils parviennent à resurgir, souvent plus forts qu’avant. On l’a également constaté après le “Liberation Day” début avril.
> Pour en savoir plus : l’article “Who has the wheel” de Sherwood
3. Nvidia explose tous les compteurs !
Le 29 octobre 2025, Nvidia est devenue la première entreprise au monde à atteindre une capitalisation boursière de 5 000 milliards de dollars, un chiffre impressionnant si l’on considère que le PIB de la France est d’environ 3 000 milliards.
Aussi, cette capitalisation n’est pas que virtuelle : elle reflète une forte croissance des revenus de l’entreprise depuis le lancement de ChatGPT, alors que la demande pour ses puces d’IA ne cesse de croitre.

Cependant, la fin de l’année a été plus compliquée pour Nvidia ! La concurrence se renforce, notamment avec Google qui développe désormais ses propres puces, à la base de Gemini, son modèle d’IA maison, dont la dernière version a fait le buzz.
Par ailleurs, des analystes s’inquiètent de la dépendance de l’entreprise à quelques gros clients et à OpenAI dans le cadre d’un accord conclu le 22 septembre.
> Pour en savoir plus : ma newsletter premium “L’action Nvidia est-elle trop chère ?”
4. OpenAI poursuit sa métamorphose
En 2025, OpenAI est passée du statut de start-up qui propose un robot conversationnel à un géant de la tech en devenir avec plus de 3 500 salariés. Comme je l’ai expliqué dans une lettre cette année, l’entreprise entend être tout à la fois :
Un navigateur web avec le lancement d’Atlas ;
Un réseau social avec Sora ;
Une plateforme pour les développeurs avec la possibilité de monétiser leur app ;
Une expérience pour le shopping avec des partenariats avec Etsy, Shopify et Walmart ;
La prochaine Apple avec le partenariat avec Jony Ive, le designer star de l’iPhone, pour créer un nouvel appareil tech destiné à l’IA.
Problème majeur : OpenAI est encore loin d’être rentable et ne prévoit pas de l’être avant 2029. Ses deux principaux concurrents, xAI et Anthropic, pourraient atteindre le seuil de la rentabilité avant elle.
Par ailleurs, le lancement de Gemini 3 semble remettre en cause la position de leader de ChatGPT. En réaction, Sam Altman a déclenché un « code rouge » pour concentrer les efforts d’OpenAI sur l’amélioration de ChatGPT.
Quoi qu’il en soit, les revenus d’OpenAI dépasseront 10 milliards de dollars en 2025, quatre fois plus que l’an dernier. À l’avenir, cette croissance pourrait même s’accélérer. Comme le montre le graphique ci-après, seules sept entreprises américaines (et pas des moindres) ont atteint 100 milliards de revenus en moins d’une décennie.

> Pour aller plus loin : l’article de Fortune “Inside OpenAI’s fragile lead in the AI race”
5. Le double visage de la crypto
En 2025, la crypto a fait un retour fracassant sur le devant de l’actualité pour de bonnes et de mauvaises raisons.
Après un début d’année en fanfare, le secteur a connu le plus important krach de son histoire le 11 octobre dernier. Ce jour-là, 19 milliards de dollars partent en fumée. La déroute est amplifiée par des niveaux de leviers très élevés utilisés par certains investisseurs, pouvant aller jusqu’à x100 sur certaines positions.
En pleine débâcle, l’influenceur crypto ukrainien Konstantin Ganich, qui aurait perdu très gros dans le krach, est retrouvé mort d’une balle dans la tête dans sa Lamborghini à Kiev.
Autre signal négatif : Owen Gunden, le huitième plus grand investisseur historique de la crypto, a liquidé toute sa position en octobre, soit 11 000 bitcoins, pour environ 1,3 milliard de dollars.
Dans le même temps, les cours de l’or et de l’argent se sont envolés de 65% et 130%, tandis que le CMC20 Index, l’indice de CoinMarketCap termine 2025 dans le rouge. La chute est encore plus forte pour Strategy, l’entreprise cotée la plus exposée au bitcoin.
Pourtant, Donald Trump a déroulé le tapis rouge aux acteurs de l’industrie crypto depuis son retour au pouvoir. Le président américain a placé à la tête des agences de régulation des personnalités favorables au secteur, a gracié plusieurs dirigeants crypto impliqués dans des affaires judiciaires et a défendu la création d’une réserve nationale de bitcoins.
Un soutien qui est loin d’être désintéressé : la famille Trump aurait amassé plus d’un milliard de dollars avant impôts dans divers projets crypto, dont le Trump coin, selon le FT.
Mais ces vicissitudes sur les marchés ne doivent pas éclipser les avancées réelles de la crypto dans la finance, comme les stablecoins, désormais encadrés aux États-Unis par le GENIUS Act, et la tokenisation des actifs qui élargit les possibilités d’investissement.
6. Le dîner de la tech à la Maison Blanche.
Le 30 septembre, Donald Trump et sa femme Melania ont convié les grands leaders de la tech, parmi lesquels Mark Zuckerberg, Bill Gates et Sam Altman, à une réception dans la State Dining Room de la Maison-Blanche.
En attendant l’ouverture de la future Ballroom, une gigantesque salle de bal que fait construire le président américain avec les fonds de ses amis de la crypto et de la tech, cette soirée avait des allures de sommet informel entre les hommes les plus riches et les plus puissants d’Amérique.
Nombreux sont ceux, comme Mark Zuckerberg et d’autres milliardaires, à avoir flatté l’égo du président américain qui, après les avoir rabaissés en les qualifiant de “gens d’Internet”, semblent désormais beaucoup les apprécier.
Il faut dire qu’il leur doit beaucoup : une large part de la croissance américaine repose aujourd’hui sur ces leaders de la tech, qui investissent massivement pour construire l'infrastructure nécessaire à l’IA.
Pour les éditorialistes américains moqueurs, l’évènement restera surtout, au-delà de l’exercice de courtisanerie, comme le dîner le plus cher de l’histoire avec 13 milliardaires autour de la même table.
> Pour en savoir plus : l’article de Sherwood
7. Vers un IA socialisme ?
Ce rapport de plus en plus étroit entre Trump et les milliardaires de l’IA est loin de faire l’unanimité parmi les électeurs et responsables politiques ; démocrates et républicains.
Des mouvements anti-IA plus ou moins radicaux sont en train d’apparaître, en particulier Pause AI et Stop AI. Le 21 novembre, les locaux d’OpenAI à San Francisco ont même été fermés à la suite d’une menace émise sur les employés de la start-up.
Et ce phénomène n’est pas du tout anecdotique : il pourrait faire perdre gros à Donald Trump lors des élections de mi-mandat l’an prochain.
Les récentes victoires des démocrates en Virginie et au New Jersey pour le poste de gouverneur ont été un premier avertissement. La hausse des factures d’électricité, en partie liée à la forte consommation énergétique des centres de données de l’IA, a été un thème clé de campagne.
Même au sein du camp républicain, plusieurs voix dénoncent la dérégulation totale de l’IA voulue par Trump ; une posture peu en phase avec les attentes de la base MAGA.
Il y a une semaine, la joute entre Bernie Sanders et Elon Musk au sujet de l’arrêt de la construction des centres de données pour l’IA montre que le débat s’amplifie aux États-Unis.
> Pour en savoir plus : l’article “Anti-AI socialism scénario” publié par Axios
8. Le graphique le plus effrayant du monde
Le graphique montre qu’au cours des 20 dernières années, les créations et les destructions d’emplois suivent l’évolution du S&P 500 : celui-ci augmente lorsque l’emploi croît et tend à baisser quand la création d’emplois ralentit.
Depuis le lancement de ChatGPT, la corrélation ne s’observe plus : le S&P 500 poursuit sa hausse vertigineuse, tandis que les créations d’emplois ne cessent de baisser.
La première explication est de considérer que l’IA serait responsable. Elle augmente les richesses, mais détruit des emplois. Du reste, certaines annonces de licenciements de grandes entreprises, comme Amazon, pourraient conforter cette thèse.
Comme l’explique une newsletter du journaliste Derek Thompson, ce n’est pas aussi simple. Le premier responsable de cette situation serait plutôt la politique monétaire de la Fed. Entre le 17 mars 2022 et le 26 juillet 2023, la banque centrale américaine a procédé à 11 hausses de taux, ce qui freine l’investissement des entreprises.
D’ailleurs, les plus faibles créations d’emplois proviennent non pas des secteurs liés à l’IA, mais de l’industrie, de la construction et de l’extraction d’énergie ; des secteurs fortement affectés par les taux d’emprunts élevés.
Aussi, la hausse rapide du S&P 500 est dans une grande mesure imputable aux performances des seules entreprises de l’IA. Selon JP Morgan, 30 entreprises liées à l’IA représentent désormais 44% de la valeur totale du S&P 500 !
9. La vidéo la plus WTF de l’année
Cette année, les vidéos de robots humanoïdes déroutantes se sont multipliées. Celle qui m’a le plus marqué reste le clip promotionnel d’UBTech, montrant non pas un robot isolé, mais une véritable armée de robots humanoïdes qui se déplacent en chorégraphie.
Une particularité frappante est mise en avant : ces robots seraient capables de se recharger eux-mêmes, sans intervention humaine.
Reste une question centrale : la vidéo montre-t-elle une démonstration réelle ou une mise en scène générée par ordinateur ? Le débat agite la sphère tech mondiale. Pour Brett Adcock, le patron de FigureAI, une start-up américaine de robotique, le verdict est sans appel : il s’agit d’un fake.
10. Bulle de l’IA, vraiment ?
Les débats autour d’une bulle de l’IA vont bon train. Les plus pessimistes s’alarment d’une situation qui ressemblerait à la période précédant l’éclatement de la bulle Internet en 2000 et qui avait traumatisé la tech mondiale.
Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises : je ne partage pas cet argument, même s’il est tout à fait possible de voir des corrections de marché (comme on l’a vu en novembre).
Pourquoi la rhétorique autour d’une bulle de l’IA n’est pas entièrement satisfaisante ? Parce que les valorisations actuelles ne sortent pas de nulle part. Elles suivent la trajectoire des revenus et des profits en très forte croissance. Il n’y avait ni revenus, ni réelle demande lors de l’éclatement de la bulle Internet.
Par ailleurs, j’ai apprécié les arguments avancés par Jason Snyder, l’inventeur de la lanterne solaire LUCI, dans un article paru sur Forbes. Sa thèse centrale est de considérer que l’IA n’est pas une bulle spéculative classique, mais plutôt le début d’une véritable transformation industrielle profonde basée sur l’énergie et une volumineuse infrastructure plutôt que sur le logiciel. Il souligne que :
la narration autour de “bulle” provient d’une mauvaise lecture des phénomènes en jeu : les analystes appliquent des analogies dépassées à une transformation qui ne suit pas le même modèle économique ;
l’essor de l’IA repose sur une demande réelle et croissante de la part des particuliers et des entreprises partout dans le monde ;
la période actuelle doit plutôt être considérée comme les premières phases d’une nouvelle ère industrielle, basée sur l’énergie.
> Pour en savoir plus : je vous recommande l’article de Jason Snyder sur Forbes "The AI Bubble that isn’t here”
Avant de conclure, si cette édition vous a intéressé, n’hésitez surtout pas à liker 💙, à livrer vos impressions et à partager ma newsletter.
Joyeux Noël et excellentes fêtes de fin d’année par avance,
Amaury








Merci Amaury pour ce recap que j'ai lu avec beaucoup d’intérêt !
Belles fêtes de fin d'année à toi et tes lecteurs !
De rien ;)